Le CV n’est plus une ligne droite. Et c’est enfin une bonne nouvelle.

Pendant longtemps, le curriculum vitae devait suivre une trajectoire droite, continue, rassurante.

Un parcours professionnel sans rupture, sans détour. Aujourd’hui, cette vision appartient au passé.

Les carrières sont faites de virages, de pauses, de reconversions — et c’est enfin une bonne nouvelle. Le CV n’est plus une simple liste chronologique, mais le récit d’une vie professionnelle en mouvement, où chaque expérience peut trouver sa place et son sens.

Qu’est-ce qu’un parcours professionnel non linéaire ?

Un parcours professionnel non linéaire est une trajectoire faite de changements de métiers, de secteurs ou de rythmes, longtemps perçue comme une faiblesse, mais aujourd’hui de plus en plus valorisée.

Quand le curriculum vitae devait suivre une ligne droite

Le terme curriculum vitae signifie littéralement « la course de la vie ».
À l’origine, il évoquait un chemin, un mouvement, et non une carrière figée.

Bonne nouvelle : le monde du travail a changé

Les parcours professionnels atypiques sont aujourd’hui mieux compris, car ils reflètent la réalité des compétences acquises par l’expérience.

Comment valoriser un parcours professionnel non linéaire sur un CV ?

Mettre en avant les compétences transversales

  1. Raconter un fil conducteur plutôt qu’une chronologie parfaite

  2. Assumer les ruptures comme des choix

  3. Donner du sens aux transitions professionnelles

Rétrospective sur le CV

Le CV, ou curriculum vitae, signifie en latin la "course" (curriculum) et la "vie" (vitae).
On le traduit par le "cours de la vie", le chemin que l’on empruntait encore, il y a trente ans, de manière largement linéaire.


𝐀𝐮 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐥𝐚𝐭𝐢𝐧𝐬, 𝐨𝐧 𝐧𝐞 𝐥𝐢𝐬𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩é𝐭𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬, 𝐨𝐧 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐞𝐬.

Les grandes économies galbraithiennes, à l’époque de la standardisation — avant la mondialisation accélérée — confiaient leur circonvolution naturelle à la qualité d’une carrière droite, telle un coureur lancé sur une voie rectiligne.
On entrait jeune, on progressait, on consolidait, on transmettait.
Le temps était long. Prévisible. Industriel.

Le CV venait alors attester de la constance, de la fidélité à un métier, à une entreprise, à un cadre.

Mais le temps s’est contracté.

Les marchés se recomposent plus vite que les trajectoires.

Les métiers mutent plus vite que les intitulés de postes.
Et l’IA, désormais, apprend en semaines ce que l’humain mettait des années à maîtriser.

La ligne droite s’est fragmentée.
Elle est devenue réseau. Labyrinthe. Essais, pauses, retours, bifurcations.
Le coureur d’hier est aujourd’hui un marcheur pressé, parfois perdu, parfois lucide, souvent observé.

La foule n’acclame plus : elle documente, scrolle, photographie, compare.
Alors une question demeure :

𝐂𝐨𝐮𝐫𝐭-𝐨𝐧 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐫é𝐮𝐬𝐬𝐢𝐫, 𝐨𝐮 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞-𝐭-𝐨𝐧 𝐬𝐮𝐫𝐭𝐨𝐮𝐭 à 𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐬𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐝𝐫𝐞 ?

Le CV, figé, tente de rassurer dans un monde instable.
Il gomme les détours, lisse les silences, compresse les vies.
Mais ce qu’il peine à dire, c’est précisément ce qui fait la valeur contemporaine d’un parcours :

la capacité à apprendre, à s’adapter, à relier des expériences hétérogènes.

Peut-être que le curriculum vitae n’est plus une course à gagner, mais un chemin à comprendre.

Et que le succès, aujourd’hui, ne tient plus à la vitesse,
mais à la justesse du mouvement.

Conclusion:

Le CV n’est plus un exercice de conformité.

Il devient le récit d’une vie professionnelle réelle, évolutive — et profondément humaine.

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